Le polissage électrique améliore considérablement le confort de travail
Le prix reste le principal obstacle
Aux Pays-Bas, c’est déjà monnaie courante: les chantiers y imposent des exigences strictes en matière d’émissions pour les machines qui y sont utilisées. En Belgique aussi, cette tendance se généralise. Pourtant, la législation n’est pas la seule raison d’investir dans une polisseuse électrique. Il y en a une autre, tout aussi importante: votre personnel. Car travailler sans émissions et avec beaucoup moins de décibels est tout simplement plus agréable. Nous nous sommes penchés pour vous sur la question de l’électrification des polisseuses.
Pourquoi polir?
Le béton ne cesse de gagner en popularité. Il est monnaie courante dans la construction industrielle, mais les particuliers sont également séduits par son aspect épuré. De plus, il se combine parfaitement avec le chauffage au sol.
Le polissage du béton fait partie de la finition standard du béton. Il est utilisé avant tout pour garantir que le béton coulé présente une surface belle et lisse. Les polisseuses sont donc mises en œuvre sur le chantier juste avant que le béton ne durcisse. Elles enlèvent la couche supérieure (environ 1,5 à 2 cm) afin d’éliminer les irrégularités (creux ou bosses) et d’obtenir une surface lisse et uniforme. Grâce à leur poids, combiné à la pression vers le bas générée par la rotation des lames, ces machines contribuent également à compacter le béton pour lui conférer une densité maximale et, par conséquent, une résistance aux chocs.
Ce processus peut encore être combiné avec l’épandage, par exemple, de quartz afin de rendre la couche supérieure encore plus dure. Ce travail de gros œuvre s’effectue à l’aide de disques. Ceux-ci sont ensuite remplacés par des lames afin de poncer finement le béton en vue de la finition. Le résultat peut aller d’un aspect mat à un aspect parfaitement brillant, en fonction des exigences du maître d’ouvrage. Le polissage garantit que votre sol est solide, propre, facile à entretenir et à nettoyer.
Quelles polisseuses?
Les polisseuses utilisées à cet effet se divisent en deux catégories.
Les polisseuses à conducteur accompagnant sont idéales pour les petites surfaces (jusqu’à 350m²) ou pour les espaces comportant de nombreux angles et bords. Elles sont également utilisées dans les grands chantiers pour finir les bords, là où leurs grandes sœurs, les polisseuses autoportées, ne peuvent pas accéder parfaitement aux angles. Ce sont donc des machines à bords.
Au sein de la catégorie des polisseuses autoportées, on distingue encore deux grandes familles. D’une part, les 'highriders', où le moteur est placé au centre et où le conducteur prend place au-dessus. D’autre part, les 'lowriders', qui adoptent plutôt une forme en U, avec le conducteur placé entre le moteur d’un côté et le réservoir de carburant de l’autre.
Les 'highriders' sont généralement plus lourds et plus puissants, mais vous devrez à chaque fois descendre de la machine pour retirer d’éventuels cailloux du béton. Avec les 'lowriders', vous pouvez le faire facilement 'au passage'. Le choix optimal dépend en grande partie des préférences du conducteur ou de ses habitudes bien ancrées. Les polisseuses à conducteur marchant et les polisseuses autoportées sont en réalité parfaitement complémentaires. La plupart des entreprises de polissage disposent des deux types d’appareils.
Le défi de l’électrification du polissage
Pourquoi vous rappeler les principes de base du polissage? Parce que cela aura également un impact sur l’électrification de ces machines.
Le poids, un facteur déterminant
Le défi du lissage réside avant tout dans le timing. Celui-ci doit être parfait: si le béton est encore trop mou, vous risquez de déplacer "trop" de béton ou, dans le pire des cas, la machine peut s’enfoncer. Dans les deux cas, le résultat est un sol irrégulier, ce qui est contraire à l’objectif du lissage.
Si le béton est déjà trop dur, vous ne pouvez plus faire grand-chose. La rapidité de ce processus dépend du type de béton, de l’épaisseur de la couche et des conditions météorologiques. Le poids de vos machines joue également un rôle. Une machine plus légère pourra accéder plus rapidement au béton. Plus la machine est lourde, plus vous devrez attendre avant de pouvoir intervenir. Vous risquez toutefois d’arriver trop tard, avec des coûts élevés à la clé.
Électrifier une machine à polir ne consiste donc pas simplement à retirer le moteur et le réservoir de carburant pour les remplacer par un moteur électrique et une batterie (ou un pack de batteries). Cela entraînerait un surpoids important et réduirait d’autant le délai disponible pour effectuer le polissage. Il faut donc réfléchir à une structure adaptée, capable de compenser suffisamment ce surpoids tout en conservant la même robustesse. Si le châssis n’est pas suffisamment rigide, des déformations pourraient apparaître lors du chargement et du déchargement des machines. Et ce n’est évidemment pas ce que nous souhaitons.
La durée du travail comme facteur
Mais la rapidité avec laquelle vous menez finalement à bien le travail est également importante. Tout l’art du polissage réside dans le jeu avec la couche supérieure encore 'crémeuse'. Dès qu’elle commence à durcir, c’est fini. Vous ne pouvez donc pas simplement appuyer sur 'stop'. Travailler sans interruption, tel est le mot d’ordre. Cela commence par des machines électriques capables de garantir un bon temps de fonctionnement – là encore, la robustesse entre en jeu.
Dans un deuxième temps, il faut tenir compte de leur autonomie. Pour cela, soit la batterie doit être suffisamment puissante, mais cela augmente le poids, nécessite plus de puissance et donc une batterie encore plus grande…
La deuxième option consiste à utiliser des systèmes de batterie faciles à remplacer par une batterie neuve et pleine, afin de perdre le moins de temps possible. Un 'arrêt au stand' rapide, donc, mais celui-ci doit également disposer d’une capacité de charge suffisante pour que votre batterie soit suffisamment rechargée avant le prochain changement. Cela aussi représente un défi sur de très nombreux chantiers.
Avantages du polissage électrique
Pourquoi les fabricants s’y investissent-ils alors autant? Pas seulement parce que la législation devient de plus en plus stricte. L’électrification des polisseuses offre bien plus que de simples avantages en matière de dioxyde de carbone₂. Ceux qui exercent ce métier depuis un certain temps connaissent le risque d’intoxication au CO dû aux émissions des polisseuses à moteur thermique. Or, il n’est pas toujours évident d’assurer une bonne ventilation sur un chantier. Avec une polisseuse électrique, ce danger disparaît complètement.
Un deuxième aspect qui rend le travail bien plus agréable est le niveau sonore. Les polisseuses électriques permettent de gagner facilement 15 décibels. Cela peut sembler un maigre gain, mais pour l’oreille humaine, cette différence est perçue comme presque trois fois plus forte. Chaque augmentation de 3 dB correspond à un doublement de l’énergie. Lorsqu’on utilise une polisseuse électrique, on peut encore échanger quelques mots avec les collègues qui utilisent la machine voisine, ce qui est impossible avec un moteur à combustion.
L'offre actuelle de polisseuses électriques
Compte tenu des défis à relever, il n’est pas surprenant que l’électrification de l’offre de polisseuses ait commencé par les modèles à conducteur marchant. Elles sont plus légères et nécessitent moins de puissance. La plupart des fabricants ont désormais fait leur travail, ce qui vous permet de travailler sur le béton sans devoir adapter votre méthode de travail – c’est-à-dire avec le même poids et une autonomie de batterie acceptable.
En général, une batterie supplémentaire (ou un pack de batteries) suffit pour pouvoir se mettre facilement au travail. Les performances restent inchangées. Pour les polisseuses autoportées, où le poids joue un rôle plus important, l’adaptation n’est toutefois pas encore totalement au point. L’essentiel de l’offre concerne actuellement les polisseuses simples. Les polisseuses électriques à double disque commencent néanmoins à faire leur apparition sur le marché, même si elles restent encore relativement rares. Pour ce type de machine, comptez sur une autonomie moyenne de 1 à 1,5 heure pour les travaux de dégrossissage avec des disques, à une vitesse de croisière de 150 tours par minute. Il est donc recommandé de disposer de deux batteries ou packs de batteries supplémentaires. Le poids des polisseuses électriques à double disque sera environ 15 à 20% plus élevé. Il faut donc tenir compte de l’impact de ce surpoids sur les temps de séchage.
Points à prendre en compte
Comme indiqué précédemment, la robustesse est un critère important, tant pour les polisseuses classiques que pour les modèles électriques. L’électronique et le béton ne font pas bon ménage. Optez donc pour des machines où ces composants sont bien protégés. Car vous ne voulez surtout pas de machines qui s’arrêtent sans cesse pendant les travaux. Par ailleurs, il est préférable de bien réfléchir au choix de la batterie. Tout d’abord, un bon système de gestion des batteries est indispensable pour garantir un fonctionnement sûr. Si l’essence peut s’adapter à n’importe quelle machine à moteur thermique, les batteries, elles, ne sont pas interchangeables entre les marques. Ceux qui souhaitent s’engager davantage dans la voie de l’électrique ont donc tendance à rester fidèles au même fabricant.
Si les batteries sont interchangeables entre les différents modèles, qu’il s’agisse de tondeuses à conducteur marchant ou autoportées, petites ou grandes, vous gagnez en efficacité. Vous n’avez alors plus à vous demander quelle batterie correspond exactement à quelle machine et à quel chargeur. Par ailleurs, il est également conseillé de prendre en compte le poids de la batterie en question. Une batterie de 100 kg vous offrira certes plus de puissance et une plus grande autonomie. Mais pourrez-vous la changer et la transporter facilement sur un sol en béton 'humide'?
Situation actuelle
Aux Pays-Bas, certains entrepreneurs ont déjà entièrement adopté le polissage électrique. Ils ont remplacé l’ensemble de leur parc de machines et se spécialisent précisément dans les chantiers où les exigences en matière d’émissions sont les plus strictes. En Belgique, ils ne sont de toute façon pas encore assez nombreux.
Les précurseurs qui croient en l’électrification ont bien sûr déjà investi, tandis que le reste du secteur suit au compte-gouttes. Lorsqu’un nouvel investissement s’impose, ils osent parfois s’y essayer. Ou en louer une pour voir si cela leur convient. Les fabricants constatent que l’on s’en tient rarement à une seule, précisément parce que les utilisateurs apprécient rapidement le confort des polisseuses électriques.
Le principal obstacle reste le prix, qui est 1,5 à 2,5 fois plus élevé que celui d’une polisseuse classique à moteur thermique. En réalité, cet investissement doit être envisagé sous un autre angle. Le coût de la batterie représente certes un surcoût, mais avec ses 1.500 cycles de charge avant de passer sous les 80% de sa capacité, celle-ci peut facilement durer aussi longtemps que deux à trois machines. Il faut également faire la distinction entre les batteries bon marché et les modèles haut de gamme. L’investissement initial est certes plus important, mais à long terme, le coût total de possession (TCO) est au moins équivalent. Tout comme pour une voiture électrique, une polisseuse électrique nécessite moins d’entretien, avec une économie moyenne de 10% à la clé. Cela se traduit également par moins de temps d’arrêt pour l’utilisateur. Et bien entendu, les coûts de carburant sont eux aussi réduits.