La pompe à chaleur: un élément incontournable dans les nouvelles constructions

Le renforcement des exigences en matière de performance énergétique des bâtiments encourage l'utilisation de systèmes de chauffage efficaces et renouvelables dans les nouvelles constructions. Les pompes à chaleur occupent une place centrale à cet égard. Dans les nouvelles constructions résidentielles, ce sont les pompes à chaleur air-eau qui sont le plus souvent installées. Toutefois, lorsque le budget et les conditions du sol le permettent, une pompe à chaleur géothermique peut constituer une solution encore plus efficace.
Exigences légales dans les nouvelles constructions
Tous les bâtiments en Belgique pour lesquels un permis d'urbanisme est demandé ou une déclaration est effectuée doivent respecter les normes de performance énergétique (EPB). L'objectif est d'atteindre un niveau E aussi bas que possible: plus le niveau E est bas, plus le logement est économe en énergie. Le niveau E est déterminé, entre autres, par l’isolation, l’installation de chauffage, la ventilation et l’utilisation d’énergies renouvelables. Les exigences en matière de PEB varient selon les régions.
Flandre
- Pour les logements neufs, le niveau E maximal autorisé est de E30.
- Pour les demandes de permis de construire à partir de 2025, le raccordement au gaz ne sera plus possible. Le mazout est déjà interdit depuis 2022. Par conséquent, une pompe à chaleur hybride (combinaison d’une chaudière au gaz ou au mazout et d’une pompe à chaleur) n’est plus une option.
- Le chauffage du bâtiment ne peut désormais être assuré que par:
- une pompe à chaleur: notamment à basse température: la température de départ nominale du système de diffusion de chaleur ne doit pas dépasser 45 °C;
- un réseau de chauffage;
- une chaudière à biomasse (par exemple à copeaux de bois), souvent associée à une pompe à chaleur: le rendement de l’installation des systèmes de chauffage central utilisant l’eau comme fluide caloporteur doit en effet être d’au moins 130%. C’est pourquoi il faudra souvent installer une pompe à chaleur en complément d’une chaudière;
- le chauffage électrique direct: cette solution a un impact très négatif sur le niveau E, sauf en cas de demande de chaleur très faible.
- Depuis 2025, une maison neuve doit produire au moins 15 kWh/m²/an d'énergie propre. Cela peut se faire à l'aide d'un chauffe-eau solaire et/ou de panneaux solaires.
Wallonie
- En Wallonie, un niveau E maximal de E45 s'applique aux logements neufs.
- Il n’y a pas d’interdiction générale du gaz pour les nouveaux bâtiments. Seuls le mazout et le charbon sont interdits dans les nouvelles constructions.
- Le chauffage du bâtiment peut être assuré par:
- une pompe à chaleur;
- un réseau de chaleur;
- une chaudière à gaz ou un système hybride fonctionnant au gaz;
- un système à biomasse;
- un chauffage électrique direct.
- En Wallonie, aucune exigence supplémentaire en matière d'installation n'est applicable (telle que le rendement d'installation de 130% ou la température de conception maximale exigés en Flandre)
- Depuis le 1er janvier 2026, chaque nouveau bâtiment en Wallonie doit couvrir au moins 35% de sa consommation d'énergie à l'aide d'énergies renouvelables. Par 'énergie renouvelable', on entend non seulement la production solaire, mais aussi d’autres sources renouvelables (telles qu’une pompe à chaleur, un chauffe-eau à pompe à chaleur, etc.) qui peuvent être prises en compte.
Bruxelles
- Bruxelles n’applique pas de niveau E fixe, mais fixe un besoin énergétique net maximal pour le chauffage de 15 kWh/m²/an. Il existe en outre des exigences minimales en matière d’isolation, de ventilation, de limitation de la surchauffe, etc.
- Pour les demandes de permis à partir de 2025, les logements neufs ou les projets composés exclusivement de nouvelles unités PEB (= une telle unité peut être un appartement) ne pourront plus être équipés de systèmes de chauffage au gaz naturel ou au mazout. Par conséquent, une chaudière à gaz ou une pompe à chaleur hybride couplée à une chaudière à gaz ne constituent plus une option dans ce type de projets de construction neuve.
- Le chauffage des bâtiments neufs à Bruxelles pourra donc encore être assuré par:
- une pompe à chaleur;
- un réseau de chaleur;
- des systèmes de chauffage électriques;
- un système à biomasse (par exemple, des appareils à bois ou à granulés conformes aux exigences d'écoconception).
- Actuellement, Bruxelles n'impose aucune obligation générale de produire une quantité minimale d'énergie solaire dans les nouvelles constructions, contrairement à ce qui est le cas en Flandre.
Pompe à chaleur géothermique: la meilleure élève
Dans les nouvelles constructions, la préférence va à la pompe à chaleur géothermique. Celle-ci offre les meilleurs rendements tout au long de l’année, mais… il y a tout de même quelques bémols: à commencer par le coût d’investissement.
Le principe
Une pompe à chaleur géothermique (également appelée pompe à chaleur sol-eau) extrait la chaleur du sol pour chauffer l’eau destinée au chauffage central et à l’eau chaude sanitaire. La température du sol reste relativement stable tout au long de l’année (environ 10 à 12 °C à partir d’une certaine profondeur). Ce type de pompe à chaleur est donc très efficace. Une installation bien conçue atteint souvent un SCOP compris entre 4 et 6. Pour 1 kWh d’électricité, la pompe à chaleur fournit 4 à 6 kWh de chaleur.
La chaleur est extraite du sol par des tuyaux enfouis dans le sol (= le système de captage). Un fluide (généralement de l’eau additionnée d’antigel) circule dans ces tuyaux et absorbe la chaleur du sol. Le captage vertical est le plus couramment utilisé.
Dans les systèmes de captage verticaux, on fore des puits d’une profondeur de 80 à 150 m, dans lesquels on descend les boucles, puis les forages sont comblés avec du coulis, une sorte de mélange de béton thermoconducteur qui empêche également les veines d’eau forées d’entrer en contact les unes avec les autres. En Belgique, une simple déclaration suffit souvent; dans des cas exceptionnels, un permis est nécessaire pour les forages géothermiques.
En Belgique, à partir de 18 m de profondeur, la température est stable et se situe entre 10 °C et 12 °C. Le grand avantage pour la pompe à chaleur est que la chaleur extraite du sol reste relativement stable tout au long de l’année, même en hiver. La pompe à chaleur n’est donc pas affectée par les fluctuations de température (contrairement aux pompes à chaleur air-eau) et atteint un rendement annuel plus élevé.
Elle nécessite également moins d’espace que les systèmes horizontaux, mais il faut tout de même disposer d’un terrain accessible aux foreuses, où les forages peuvent être réalisés avec un espacement suffisant (au moins 6 m entre les forages et environ 3 à 5 m par rapport aux structures existantes telles que les fondations ou les constructions souterraines) et dont le sol est adapté d’un point de vue technique et environnemental. Un forage de 80 à 120 m fournit environ 3 à 5 kW de puissance de chauffage. Une maison neuve moyenne a besoin de 5 à 8 kW. En Belgique, une déclaration ou un permis est généralement requis pour les forages.
Un refroidissement économique en été
Lorsque de la chaleur est extraite du sol pendant l’hiver, il est logique que la température du sol baisse.
L’hiver suivant commence donc avec une température du sol plus basse, puis encore plus basse l’hiver d’après, et ainsi de suite: chaque hiver, un écart de température de plus en plus important se crée entre la température de la source et la température de sortie. Surtout si la régénération naturelle est inférieure à l’énergie prélevée pendant la saison de chauffage. En raison de cet écart de température accru, l’énergie nécessaire au compresseur pour faire passer le fluide frigorigène d’une basse pression (basse température de la source) à une pression plus élevée (température de sortie) augmente également.
En principe, les forages géothermiques sont dimensionnés de manière à disposer d’une capacité suffisante pour revenir de manière autonome à une température plus élevée, c’est-à-dire pour se régénérer, pendant la période estivale où le chauffage de la maison est à l’arrêt.
Cependant, le refroidissement actif ou passif en été réinjecte de la chaleur dans le sol, ce qui permet à celui-ci de se régénérer et à sa température de remonter.
Refroidissement passif: le refroidissement passif utilise la fraîcheur stockée dans le sol. Le fluide frigorigène et le compresseur restent à l’arrêt. À la place, l’eau de source froide (ou le glycol) est acheminée par une pompe de circulation vers un échangeur de chaleur, où elle refroidit l’eau provenant du système de distribution. Étant donné que la consommation d’énergie d’un compresseur (1 à 2 kW) est bien supérieure à celle d’une pompe de circulation (souvent seulement 20 à 50 W), le refroidissement passif est très économe en énergie.
Refroidissement actif: dans le cas du refroidissement actif, la pompe à chaleur géothermique fonctionne en fait à l’envers, en utilisant le compresseur: au lieu d’extraire la chaleur du sol pour l’acheminer vers le logement, la chaleur est évacuée du logement vers le sol. Cela permet de refroidir le logement et de réchauffer le sol.
Grâce au refroidissement actif et passif via un système de diffusion à eau, la température dans le logement peut baisser de 2 à 4 °C. Il faut en effet veiller à ce qu’il n’y ait pas de condensation, car lorsque l’eau dans les systèmes de diffusion devient trop froide (en dessous du « point de rosée »), de l’humidité peut se déposer sur le sol. Dans 95% des cas, le refroidissement par le sol offre un confort estival suffisant.

Entretien
Une pompe à chaleur géothermique nécessite bien sûr un entretien. Il est recommandé de procéder à un entretien une fois par an. Les points les plus importants à vérifier sont:
- messages d'erreur et données de fonctionnement;
- raccordements électriques, mise à la terre et protection contre l’humidité;
- fonctionnement des vannes de commutation, de distribution et de mélange;
- le fonctionnement du compresseur;
- la réponse de la vanne de détente;
- l'isolation des conduites et des éléments insonorisants;
- la qualité de l'eau dans le circuit de chauffage;
- la pression et le débit dans le circuit hydraulique (avec inspection des vases d'expansion et des purgeurs);
- le réseau de captage (pression et débit, concentration du mélange antigel, fonctionnement des pompes de circulation);
- le nombre d'heures de fonctionnement (vérification/suivi);
- les températures de la source à l'entrée.
Coût moyen et consommation d'électricité?
Pour une pompe à chaleur géothermique (sol-eau) en Belgique, l'investissement total se situe généralement entre 20.000 et 25.000 euros. L'investissement dépend de la taille du projet et des conditions du sol:
- Pompe à chaleur: en moyenne entre 7.000 et 10.000 euros;
- Installation: en moyenne entre 3.000 et 5.000 euros;
- Forages ou système de captage: en moyenne 10.000 euros (réalisés par une entreprise spécialisée).
Pour une habitation bien isolée de 150 à 200 m², la consommation d’électricité s’élève à 1.800 – 3.000 kWh/an.
Applications
Une pompe à chaleur géothermique est particulièrement intéressante dans les cas suivants:
- les constructions neuves ou les rénovations en profondeur: elle fonctionne mieux dans des bâtiments bien isolés équipés d’un système de chauffage à basse température (chauffage par le sol ou par les murs);
- les bâtiments présentant des besoins thermiques stables: maisons individuelles, appartements, bureaux ou écoles;
- les projets disposant d’un espace extérieur suffisant ou d’un sol adapté: pour le captage horizontal ou vertical.
Avantages
- rendement élevé: avec un SCOP compris entre 4 et 6;
- fonctionnement stable en captage vertical: même lors d’hivers rigoureux, le rendement ne baisse pas car la température du sol reste relativement constante;
- durée de vie prolongée de l'installation: la pompe à chaleur elle-même a une durée de vie moyenne de 20 à 25 ans et les forages de 50 à 100 ans;
- très silencieuse: pas d'unité extérieure avec ventilateur;
- installation relativement simple;
- possibilité de refroidissement actif;
- possibilité de refroidissement passif: la fraîcheur du sol peut être utilisée en été pour le refroidissement passif;
- très faible consommation d'électricité;
- entretien limité;
- pas d'unité extérieure.
Inconvénients
- coût d'investissement élevé;
- forages nécessaires;
- sol adapté et espace suffisant requis;
- moins intéressant pour les logements mal isolés, car le rendement d'une pompe à chaleur diminue lorsque des températures de départ plus élevées sont nécessaires.
Pompe à chaleur air-eau: le choix le plus courant
La pompe à chaleur air-eau est aujourd’hui la pompe à chaleur la plus installée dans les nouvelles constructions résidentielles. Ce type de pompe à chaleur extrait la chaleur de l’air extérieur pour chauffer l’eau destinée au chauffage central et à l’eau chaude sanitaire.
Le grand avantage de ce système est qu’il ne nécessite ni forage ni travaux de terrassement, ce qui réduit le coût d’investissement par rapport à une pompe à chaleur géothermique. En revanche, son rendement dépend davantage de la température extérieure.
Le principe
Une pompe à chaleur air-eau capte la chaleur de l'air extérieur. Son rendement est en moyenne légèrement inférieur à celui d'une pompe à chaleur géothermique, car la température extérieure varie fortement tout au long de l'année.
Une installation performante atteint généralement un SCOP compris entre 3 et 4.
Cela signifie qu’1 kWh d’électricité peut produire environ 3 à 4 kWh de chaleur.
Il existe deux types de pompes à chaleur air-eau:
La pompe à chaleur split: elle se compose de deux parties – une unité extérieure et une unité intérieure – reliées par des conduites de réfrigérant. L'unité extérieure abrite l'évaporateur, le compresseur et le détendeur. L'unité intérieure abrite le condenseur. L'installation est un peu plus complexe et doit être réalisée par un technicien frigoriste certifié.
Pompe à chaleur monobloc: l’ensemble du circuit (évaporateur, compresseur, condenseur et détendeur) est intégré à l’unité extérieure. Aucune conduite de réfrigérant ne passe à l’intérieur, seules des conduites d’eau sont présentes. L’installation est donc plus simple et ne nécessite pas de certification pour les gaz F.
Avec le passage aux fluides frigorigènes naturels, tels que le propane, la pompe à chaleur monobloc gagne en popularité. Le propane est plus respectueux de l’environnement, mais il est également inflammable, ce qui nécessite des mesures de sécurité supplémentaires en cas d’utilisation à l’intérieur. Comme, dans le cas d’un monobloc, l’ensemble du circuit de réfrigérant se trouve dans l’unité extérieure, il n’y a aucun risque de fuite à l’intérieur et les exigences en matière de sécurité et d’installation dans le bâtiment sont moins strictes.
Entretien
En général, un entretien annuel est recommandé. Les points les plus importants à vérifier sont les suivants:
- messages d'erreur et données de fonctionnement;
- raccordements électriques, mise à la terre et protection contre l'humidité;
- fonctionnement de la vanne à quatre voies (pour le refroidissement et le dégivrage);
- fonctionnement du compresseur;
- réponse du détendeur;
- filtre déshydrateur afin d’éviter tout colmatage dû à l’humidité ou aux impuretés;
- pales du ventilateur et ailettes de l'échangeur de chaleur;
- évacuation des condensats;
- isolation des tuyauteries et des éléments insonorisants;
- qualité de l'eau dans le circuit de chauffage;
- pression dans le circuit hydraulique (avec inspection des vases d'expansion et des purgeurs);
- heures de fonctionnement du compresseur;
- en outre, l'évaporateur et l'évacuation des condensats doivent également être nettoyés.
Coût moyen et consommation d'électricité
Pour une pompe à chaleur air-eau en Belgique, l'investissement total se situe en moyenne entre 10.000 et 15.000 euros. Le coût se compose généralement de:
- la pompe à chaleur: environ 7.000 à 10.000 euros;
- installation: environ 3.000 à 5.000 euros.
Pour une habitation bien isolée de 150 à 200 m², la consommation d’électricité se situe généralement entre 2.500 et 4.000 kWh par an.
Ce chiffre est en moyenne légèrement supérieur à celui d’une pompe à chaleur géothermique, car son rendement dépend davantage de la température extérieure.
Avantages
- coût d'investissement inférieur à celui des systèmes géothermiques;
- pas de forages ni de travaux de terrassement nécessaires;
- installation relativement simple;
- convient aussi bien aux constructions neuves qu’aux rénovations;
- possibilité de refroidissement actif;
- entretien limité: par rapport à une pompe à chaleur géothermique, l'entretien est légèrement plus important, notamment en raison de la présence de l'unité extérieure et du ventilateur.
Inconvénients
- rendement moyen inférieur à celui d’une pompe à chaleur géothermique;
- le rendement diminue lorsque les températures extérieures sont basses;
- l'unité extérieure équipée d'un ventilateur peut générer du bruit;
- risque de gel et de cycles de dégivrage en hiver;
- consommation d'électricité légèrement plus élevée;
- pas de refroidissement passif possible;
- l'unité extérieure doit pouvoir être installée dans le respect de certaines consignes d'installation (évacuation libre de l'air, zone de sécurité dans certains cas, distance par rapport à l'habitation).