Quel broyeur valorise au mieux vos déchets de taille?
Le choix du broyeur le plus adapté dépend de plusieurs facteurs. À quels types de déchets de taille êtes-vous principalement confronté: branches, déchets verts ou un mélange des deux? Quel que soit le modèle choisi, les moteurs à essence devraient encore occuper une place prépondérante au cours de la prochaine décennie. Les innovations techniques, qui améliorent notamment le confort et la sécurité, peuvent toutefois faciliter le choix.
Qu’y a-t-il dans un nom?
Dans la pratique, les termes 'broyage' et 'déchiquetage' sont souvent utilisés indifféremment, mais ceux qui connaissent le secteur savent qu’il existe bel et bien une distinction technique. Le broyage désigne généralement un système équipé d’un disque à lames tournant rapidement, qui coupe les branches et les déchets verts perpendiculairement à la fibre. Il en résulte des copeaux fins et homogènes, idéaux pour les matières tendres et fraîches. Le broyage, en revanche, est traditionnellement associé à un système à tambour ou à rouleau: un élément tournant plus lentement qui aspire les branches, les écrase et les déchire au lieu de les couper finement. Cela donne un broyat plus grossier, mais avec moins de bruit et la possibilité de traiter des branches plus épaisses et plus dures. Les deux techniques ont donc leurs propres atouts, et le choix dépend fortement du type de déchets de taille et de l'utilisation finale souhaitée.
Types et systèmes
Bien que ces termes soient souvent utilisés de manière interchangeable dans la pratique, le broyage et le déchiquetage ne sont pas identiques. Un broyeur agit perpendiculairement à la fibre et coupe la branche en morceaux. Un déchiqueteur, en revanche, coupe dans le sens de la longueur et fend la structure fibreuse.
Lame et contre-lame
Les broyeurs de bois fonctionnent avec des lames de coupe montées sur un disque ou un tambour. Elles tournent en frôlant la contre-lame. Les branches sont coupées en tranches, de longueur et de forme régulières. Les lames sont réglées avec une grande précision les unes par rapport aux autres. Le sable et les petits cailloux les émoussent rapidement, ce qui réduit leur rendement. Les lames doivent être affûtées fréquemment.
Battes ou marteaux
Un rotor équipé de marteaux ou de fléaux suspendus broie avec force les déchets de taille. Ces éléments de coupe articulés coupent moins efficacement. Les copeaux sont effilochés et moins réguliers. Le rendement est nettement inférieur, en particulier pour les branches et les troncs qui nécessitent beaucoup de force. L'avantage est que les lames ne sont pratiquement pas affectées par les cailloux, par exemple. Ce type de broyeur convient donc à divers types de déchets verts. Les lames ne nécessitent que peu d’entretien, ce qui limite les coûts.
Mécanisme à hache
Un troisième système combine un tambour à marteaux/battes avec des lames. Le rotor est équipé de lames fixes qui, grâce à leur disposition en forme de haches, entaillent le bois dans le sens des fibres et exploitent ainsi la faiblesse naturelle du bois. Ce système de lames est relativement insensible aux impuretés et traite sans problème les déchets verts.
Types de déchets de taille
Le type de déchets de taille détermine en grande partie quel système est le plus adapté. Les matières tendres et vertes telles que les feuilles, l'herbe et les jeunes rameaux fins sont mieux traitées avec un disque à lames: celui-ci coupe facilement les matières fibreuses et souples sans s'obstruer.
Les branches ligneuses, plus sèches et plus épaisses, nécessitent quant à elles un système à rouleaux ou à tambour, qui dispose d’une puissance et d’une adhérence suffisantes pour aspirer le bois et le broyer sans se bloquer.
Il est déconseillé de broyer des matériaux humides et secs ensemble: cela augmente le risque de bourrages et de surcharge. De plus, les déchets de taille frais sont généralement plus faciles à broyer que le bois qui a séché depuis un certain temps, car le bois sec est plus dur et use plus rapidement les lames.
Les particuliers optent pour l’électrique
Le marché des broyeurs et des déchiqueteuses évolue clairement dans deux directions, en fonction du public cible. Chez les particuliers, les modèles électriques gagnent nettement du terrain: on estime qu’aujourd’hui, environ 80 à 90% des particuliers optent pour un appareil électrique. Les modèles électriques sont plus silencieux, plus faciles à entretenir, moins coûteux à l’usage et largement suffisants pour la plupart des jardins.
Les professionnels optent pour les moteurs à combustible fossile
Chez les utilisateurs professionnels, les moteurs fonctionnant aux combustibles fossiles restent pour l’instant la norme. Les chiffres du secteur montrent que les appareils au diesel représentent environ 55 à 75% de la part de marché professionnelle, notamment dans les applications à usage intensif telles que la sylviculture et le traitement de la biomasse, où un couple élevé et une grande autonomie sur des sites dépourvus de réseau électrique sont déterminants.
Les modèles à essence représentent environ 10 à 25% de ce même marché et restent populaires auprès des jardiniers itinérants et des particuliers qui privilégient tout de même une puissance supérieure.
Les appareils électriques et hybrides représentent environ 15% du segment professionnel, mais cette part augmente régulièrement.
Les broyeurs puissants alimentés par batterie sont pour l’instant encore peu disponibles, ce qui explique pourquoi les moteurs à combustion dominent toujours le segment professionnel lourd. Néanmoins, la tendance à l’électrification est clairement amorcée, et tant les associations écologiques que les communes et les entreprises d’insertion investissent de plus en plus souvent dans un parc de machines plus diversifié, comprenant à la fois des appareils électriques et thermiques.
Facteurs influençant le choix
Type de motorisation
- Carburant: en raison de la nouvelle réglementation européenne relative aux normes d’émissions pour les moteurs de 25 à 50 pk (= Stage V), l’essence connaît un essor considérable. C’est surtout grâce à l’avènement de l’EFI (injection électronique), qui permet de réduire la consommation et d’améliorer les performances, que les moteurs à essence sont appelés à s’imposer au cours de la prochaine décennie. Par ailleurs, certains moteurs diesel ont évolué pour devenir plus respectueux de l’environnement.
- Prise de force: c’est d’une part une bonne solution pour les petites exploitations et, d’autre part, une option très prisée pour les diamètres de broyage plus importants, en combinaison avec un tracteur lourd. Ce n’est toutefois pas toujours le bon choix lorsque le lieu de travail est éloigné. L’essor des micro-tracteurs a toutefois relancé la demande de modèles plus petits à prise de force.
- Électrique: ce sont surtout les petites machines qui sont à entraînement électrique. Les broyeurs alimentés par batterie constituent une exception dans le segment professionnel. Un broyeur nécessite une telle puissance que les machines à batterie en sont encore à leurs balbutiements; il existe toutefois des possibilités pour les modèles hybrides.
Capacité
Il est important de choisir une machine qui corresponde au mieux au type de déchets, aux volumes et à l’épaisseur des branches que vous traitez le plus souvent. N’optez pas, par exemple, pour une capacité allant jusqu’à 20 cm si vous ne traitez pratiquement jamais de telles tiges. Un diamètre d’alimentation inférieur à 8 cm est très rarement choisi par les professionnels, tout comme celui supérieur à 28 cm; la taille 23 x 16 cm est très populaire.
L'offre et la popularité des broyeurs à chenilles ne cessent de croître chaque année
Mobilité
Pour les travaux dans les espaces verts publics, un broyeur sur remorque est idéal. Sur un terrain accidenté ou un sol boueux, une machine sur chenilles offre quant à elle des avantages supplémentaires. L'offre et la popularité des chenilles ne cessent d'augmenter chaque année. Pour les machines montées sur remorque, il reste en tout cas important qu'elles restent maniables, même lorsqu'elles sont dételées, et qu'elles soient donc bien équilibrées sur leur châssis; les modèles à essieu simple sont donc plus faciles à manœuvrer. De plus, une machine sur remorque pesant moins de 750 kg présente l’avantage de ne pas nécessiter de permis de conduire de catégorie BE pour le conducteur.
Confort d’utilisation
Votre confort de travail est essentiel. L'alimentation en branches irrégulières et en gros résidus de buissons et de haies n'est pas aisée. C'est pourquoi les broyeurs professionnels sont généralement équipés d'un rouleau d'alimentation hydraulique permettant une alimentation contrôlée. Les bras et les mains sont ainsi soulagés des vibrations des couteaux de broyage. Certains modèles sont équipés – en option ou non – de systèmes dits 'no-stress' ou anti-blocage. Ceux-ci ajustent la vitesse d’alimentation. Dès que la charge devient trop importante, le rouleau d'alimentation s'arrête ou ralentit afin de laisser au moteur le temps de remonter en régime, puis de reprendre son fonctionnement.
Il n’est pas facile d’introduire des branches irrégulières et des résidus volumineux de buissons et de haies (société Thomas)
Durabilité
Un système qui fait passer le moteur au ralenti lorsque l’utilisateur ne broie pas activement est respectueux de l’environnement. Cela permet de réduire la consommation, de diminuer les émissions, de limiter l’usure et de réduire le bruit. Le capteur infrarouge relance le moteur dès que l'opérateur revient. De telles interventions intelligentes réduisent l'impact sur l'environnement et sont rentabilisées grâce aux économies de carburant réalisées.
Sécurité
Les accidents sont souvent dus à des utilisateurs qui enfoncent les déchets de taille à la main ou avec le pied dans les couteaux, voire qui grimpent dans la trémie pour le faire. Afin de limiter ces risques, la norme de sécurité européenne relative aux broyeurs professionnels (EN 13525) a été renforcée en 2020. La forme et les dimensions de l’ouverture d’alimentation ainsi que le sens d’éjection ont été modifiés, et des boutons d’arrêt ont été ajoutés sur le dessus. De plus, un rideau supplémentaire a été ajouté pour empêcher les projections. Toutefois, certaines précautions s’imposent: pas de vêtements amples, utilisation d’équipements de protection individuelle. Tous les dispositifs de sécurité doivent toujours être intacts. Des formations sont également organisées, obligatoires pour le personnel, conformément à la norme ARAB.
Analyse coûts-bénéfices
Achat ou location?
Le choix entre l’achat et la location dépend fortement de la fréquence d’utilisation. Ceux qui n’effectuent des travaux de taille importants qu’une ou deux fois par an, qui doivent traiter des branches exceptionnellement épaisses ou qui disposent d’un espace de stockage limité ont généralement intérêt à opter pour la location. En revanche, si un appareil est utilisé plusieurs fois par an, par exemple pour l'entretien des haies, des arbres ou des arbres fruitiers, cela justifie un achat.
Une utilisation fréquente?
Les modèles professionnels, plus onéreux à l’achat, s’avèrent souvent plus économiques à long terme. Ils travaillent plus rapidement, s’encrassent moins facilement, viennent à bout de branches plus épaisses et bénéficient d’une construction plus robuste, ce qui leur assure une durée de vie plus longue en cas d’utilisation intensive. Pour les professionnels, un appareil plus puissant peut également être rapidement rentabilisé grâce à une productivité accrue: moins de temps d’arrêt, moins d’entretien et une capacité de traitement plus importante par heure. En d’autres termes, la rentabilité d’un broyeur dépend avant tout de son intensité d’utilisation: plus il est utilisé fréquemment, plus l’investissement est rapidement amorti.
QUE FAIRE DES DÉCHETS DE COUPE?
Le résidu de broyage doit rarement être évacué. Les copeaux fins issus d’un système à lames sont parfaitement adaptés comme paillis dans les bordures, où ils permettent de limiter les mauvaises herbes et de prévenir le dessèchement en été. Les copeaux plus grossiers produits par un système à rouleaux ou à tambour conviennent quant à eux parfaitement à l’aménagement d’allées de jardin naturelles ou à la réalisation d’une couche de paillis durable. Le bois broyé peut également être ajouté directement au compost, à condition de le mélanger dans les bonnes proportions avec des matières riches en azote, comme l’herbe tondue. Dans un contexte professionnel, il peut aussi servir de combustible biomasse renouvelable.
En collaboration avec Firma Thomas, Jo Beau, STIHL et Van Dyck Marcel