Une maison sur cinq risque la surchauffe
Le BGBC lance un outil pour des bâtiments résilients au changement climatique
Le Belgian Green Building Council (BGBC) tire la sonnette d’alarme : près d’un logement belge sur cinq risque de souffrir d’une surchauffe structurelle d’ici 10 à 15 ans, avec des températures intérieures supérieures à 25 °C pendant au moins 40 jours par an. Sans mesures d’adaptation, jusqu’à 9 logements sur 10 pourraient devenir inhabitables d’ici la seconde moitié de ce siècle. Cette vulnérabilité est liée à l’âge du parc immobilier : les logements belges ont en moyenne 75 ans. En Flandre, cet âge est d’environ 60 ans, tandis qu’à Bruxelles et en Wallonie, la moyenne avoisine même les 90 ans. Une grande partie de ce parc immobilier ne répond donc pas aux normes actuelles en matière d’énergie et de qualité, ce qui limite sa résistance à la chaleur.
Risques sanitaires élevés
La surchauffe affecte non seulement le confort de vie, mais aussi la santé. Selon le Centre d’analyse des risques liés au changement climatique, la chaleur cause déjà des centaines de décès par an en Belgique. Sans adaptation des bâtiments et de l’environnement, ce chiffre pourrait atteindre plusieurs milliers par an à mesure que les températures augmentent.
Un nouvel outil pour les professionnels
Afin d’accélérer la résilience du parc immobilier, le BGBC lance le Climate Adaptive Buildings Tool. Cet outil aide les architectes, les ingénieurs et les professionnels de l’immobilier à évaluer la résilience climatique des bâtiments, en tenant compte des vagues de chaleur, des inondations et de la sécheresse. L’outil ne se contente pas d’attribuer une note, il fournit également une liste d’actions concrètes à mettre en œuvre. Si le résultat n’est pas à la hauteur, il est, selon le BGBC, essentiel d’intervenir de manière ciblée.
Des mesures simples peuvent aider
Toutes les solutions ne doivent pas nécessairement être complexes ou coûteuses. Une couleur de façade plus claire, des stores ou des volets roulants, une meilleure isolation, l’utilisation de ventilateurs, la plantation d’arbres autour de la maison ou l’installation d’un toit végétalisé : ce sont là des mesures relativement simples qui atténuent sensiblement la chaleur à l’intérieur de la maison. Le BGBC souligne que les habitants et les professionnels du bâtiment ont tout intérêt à commencer dès maintenant à mettre en œuvre ces adaptations, car les périodes de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses.
La climatisation n’est pas une solution durable
Selon le BGBC, l’installation à grande échelle de systèmes de climatisation sans adaptations structurelles ne constitue pas une solution à long terme. Elle fait grimper la consommation d’électricité et aggrave le stress thermique à l’extérieur en raison de la charge thermique. Si la moitié des ménages belges installaient la climatisation, la demande annuelle d’électricité augmenterait d’environ 2,47 TWh, soit près de 2 % de la consommation totale belge. À titre de comparaison : aux États-Unis, 88 % des logements sont équipés de la climatisation, ce qui représente environ 12 % de la consommation électrique nationale. Le rafraîchissement structurel par des mesures de conception et de rénovation reste donc une priorité.
Appel à l’action
Le BGBC appelle le secteur à intégrer systématiquement le risque de surchauffe dans la conception, la rénovation et le financement. Grâce à des interventions ciblées, le parc immobilier existant peut devenir nettement plus résilient face au changement climatique, tout en réduisant la consommation d’énergie et l’impact sur la santé. Le message est clair : anticiper aujourd’hui, c’est éviter demain des conditions de vie insalubres.